L'école le samedi... ça m'dit ! (Page réalisée en 2002-2003 mais toujours d'actualité)

Sommaire :
Réactions des parents

Le samedi matin, pourquoi ?
Il y a un temps pour tout et nous voulons tout !
Les ateliers avec les enfants

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 SAMEDI MATIN,
LIEN SOCIAL !

Réactions de parents

Une question :

pourquoi la presse couvre-t-elle le débat sur les rythmes scolaires avec des titres qui sont autant de variations sur le thème exclusif de " plus d'école le samedi" et ne met-elle pas en avant la suppression du Mercredi, ex-jeudi de notre enfance ?

La perspective d'une grasse matinée supplémentaire est certes plus accrocheuse, mais passé le premier moment de réjouissance égoïste, le doute sur le bien fondé de ce tour de passe- passe, " je te donne le samedi et je prends le mercredi" est là : la remise en cause de l'intérêt pour l'enfant, et pas pour les parents, d'une coupure au milieu de la semaine, pose réellement problème.

  Tous les chronobiologistes appelés au chevet du malade devraient pourtant s'entendre sur un simple calcul faisant appel au bon sens :
2 jours d'école, 1 jour de repos, 2 jours1/2 d'école, 1 jour 1/2 de repos.
Et pourtant pour les parents qui travaillent toute la semaine, dont je fais partie, l'organisation matérielle nécessaire pour que cette journée du Mercredi reste une journée de repos est difficile.
C'est donc refuser une solution de facilité séduisante au regard de ces difficultés, que de dire non à l'école du mercredi et à la libération du samedi.
Pourquoi ne pas axer la réflexion sur un réel aménagement du mercredi, hors école, avec des propositions qui permettraient de ne pas rendre le bénéfice de cette journée de repos tributaire des moyens financiers des parents et des capacités des structures d'accueil ?

Françoise, maman de Marthe

Le samedi libéré ... première réaction : des "grass' mat" ...

Nous sommes beaucoup de parents à nous être arrêtés là au moment de l'annonce d'une concertation sur les rythmes scolaires et de nous être abstenus de répondre.
Mais petit à petit nous en avons discuté entre nous et avec les enfants, nous y avons réfléchi. Certes nos enfants qui vont au centre de loisir régulièrement n'en sont pas toujours ravis, mais voilà, leurs avis divergent selon le centre qu'ils fréquentent et c'est peut-être sur la qualité de ce temps là qu'il faut réfléchir et agir.

Pourquoi priver nos enfants de ce jour de coupure qui même pour ceux qui se lèvent représente une pause (vivre autre chose toute une journée, avoir une soirée sans leçon, pouvoir à la place se consacre r à la musique, aller au musée avec un des parents à l'occasion d'une journée de RTT) ; si la ville a tant de ressources possibles, pourquoi ne pas en faire déjà profiter nos enfants sur des fins de journée qui ressemblent aujourd'hui à de la garderie et semblent déjà bien longues aux enfants qui attendent le retour des parents à 18h00.

Qu'on nous montre déjà la créativité et les merveilleuses perspectives annoncées sur les temps d'après l'école déjà existants (études ponctuées de rares "ateliers bleus" qui ne sont pas ouverts à tous par manque d'espace et de moyens).
0ù sont les personnes formées et capables d'encadrer avec bonheur nos enfants ?
Que veut alors dire "chronobiologie" quand chacun sait que l'on peut se lever avec énergie ou épuisement selon le motif et le contexte du réveil ?
Venons en à nous, parents dont la nécessaire présence à l'école n'est plus à démontrer. Après avoir fait tant d'études et d'analyses montrant que école et milieu familial ne peuvent rester totalement étrangers l'un à l'autre pour que l'enfant s'engage pleinement dans la vie, on nous suprimerait ce lien. Après toutes ces conclusions nous voilà mis à la porte, proprement dépossédés de ce temps et de cette espace de rencontre. Nos enfants insistent sur cette particularité du samedi qu'ils apprécient.


Faut-il expliquer encore combien nous parents, sommes plus disponibles et détendus en venant à la sortie du samedi matin, et quelle est la richesse de ces moments de rencontre avec les enseignants mais aussi avec d'autres parents et d'autres enfants, cette source inestimable de lien social.


Isabelle et Claire, mamans de trois enfants Marina, Victoria,Thomas, en CE2


Samedi matin, au programme atelier avec les élèves de CP et CE1 de l'école Vitruve, nous, parents, avons pu leur faire découvrir nos savoirs-faire et ainsi mieux participer à la vie de l'école. L'univers de tous les jours de nos enfants ! Ceci nous permet de mieux connaitre l'école, les autres élèves, les autres parents, les professeurs et tout le personnel et crée une participation plus active et plus facile dans la vie scolaire de nos enfants, fortifiant ainsi nos liens de respect réciproque. C'est vivre l'éducation de nos enfants pleinement !

Nos enfants ont pu découvrir la photo, la couture, l'électricité, nature, plomberie, origami, etc. Beaucoup de ces enfants ont accès pour la première fois à l'activité qu'ils ont choisie. La plupart de ces activités ne pourrait pas se faire sans notre participation et notre présence est importante.

Par petits groupes de 10 enfants, deux parents et l'assistance des profs nous avons passé plus de deux heures à partager. Nous avons tous appris des tas de bonnes choses. Et que cela ne s'arrète pas pour le futur, nous avons encore besoin de ces samedis avec nos enfants, à l'école, avec la participation de tous. N'est-ce pas justement ce qu'ils attendent de nous ?

Les samedis ça nous dira toujours !

 Alain S., père de Lucca et Katia

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AAVitruve, pourquoi aimons-nous
le samedi matin ?

 Le samedi matin, pourquoi ?

Parce que si l'on considère que les enfants doivent être acteurs de leur formation, responsables devant leurs apprentissages et décideurs de leur vie sociale à l'école et hors de l'école, il ne peut en être autrement pour leurs parents. Les parents sont également acteurs de la communauté scolaire.
Comment décider, comprendre, apprendre, si l'on n'est pas présent au sein de cet espace social qu'est l'école ?
Comment parvenir à surmonter des difficultés de compréhension quand on ne peut dialoguer, voir faire et faire avec ?
C'est dans cet esprit de lien social, de responsabilisation collective et par conséquence de convivialité que le samedi matin à l'école Vitruve on peut :

 - participer à tous les conseils d'école pour s'informer des projets, des problèmes, débattre et
prendre ensemble des décisions qui concernent la vie des enfants et donc la nôtre.
- apporter une aide technique, un savoir, des compétences dans des domaines intéressant différents
groupes.
- participer à l'organisation d'une exposition relatant un projet, la visiter et s'informer de ce projet .
- s'asseoir autour d'une table ave c les enseignants et les enfants pour déguster un repas préparé
par un groupe d'enfants.
- accompagner des enfants au jardin écolier
- débattre en groupe de réflexion sur des problèmes de quartier avec les associations concernées.

L'école est alors un lieu réel d'échange, d'écoute, de débat et de prises d'initiatives; les parents ne sont plus ni spectateurs, ni consommateurs de l'école.
C'est ainsi en voyant leurs parents participer aux décisions et au Projet de leur école que les enfants s'initient à la Démocratie.

 

 La grasse mat' du mercredi

Le mercredi, jour de coupure, que font les enfants ?

Comment s'organisent les parents ?

On peut à partir d'un sondage réalisé en CP, CE1, CI dégager trois grands groupes :

- les enfants qui fréquentent le centre de loisir :
ils sont peu nombreux :° 12 sur 92 en CP/ CE1, ° 16 sur 100 en CI , certains le font de façon occasionnelle.
Il semblerait que ce choix se fasse à défaut d'autres solutions et qu'il n'emporte ni l'enthousiasme
des parents, ni surtout celui des enfants.

Les enfants qui ont des activités sportives ou artistiques représentent 35 enfants sur 92 en CP/CE1, 37 sur 100 en CI.

Le reste des enfants est à la maison avec un des deux parents d'un grand frère, une grand mère. Ils restent au lit, regardent la télé, jouent, invitent des copains, vont à la piscine, sortent dans un parc, vont au cinéma, font des révisions,se reposent.

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Serait-ce caricaturer le projet du Rectorat et de la Mairie de Paris que de voir, au-travers de la réorganisation de la journée des enfants à l'école, un incroyable recul éducatif si les choses sont installées en l'état ?

Les résumés dans la presse sont clairs et c'est ce que tout le monde a compris : la journée des enfants serait complètement réorganisée avec des cours le matin et du "ludique" l'après-midi.
Du sportif, de l'artistique, très bien, activités tout à fait indispensables cela va sans dire, mais pourquoi cette volonté de coupure et cette séparation ?
Au-delà de ce qui serait réellement réalisé si ce projet passe en l'état, il faut s'interroger sur le fonds.

Que signifie cette conception éducative qui sépare ainsi artificiellement l'enseignement, des autres arts, des Humanités, de la musique, des arts plastiques, de l'activité physique ?
Qu'est-ce que ce saucissonnage de l'école, de l'éducation ? Qu'est-ce qui est en oeuvre derrière de telles propositions ? Un retour de la scolastique ?

Est-ce ainsi que les enfants apprennent ?

Quelle est cette société qu'on leur destine, qu'on leur promet, si on laisse croire qu'on pourrait, sans risque pour l'intelligence, séparer ainsi ce qui relèverait, le matin, du sérieux, du froid, de l'austère savoir et du loisir, de la détente, l'après-midi ?
Quelle société, quelle intelligence désincarnée, quel humain dichotomisé, mécanisé, séparé prépare-t-on ?

Faut-il, pour être entendu, que nous manifestions aux bras des Humanistes de la Renaissance, de l'Honnête Homme et des Philosophes des Lumières, de tout ce que les siècles derniers comptent comme Pédagogues ?
Faut-il, avec Montaigne, que nous rappelions, une fois pour toutes, qu'onpeut et qu'il faut réussir à avoir une tête bien faite et une tête bien pleine. Que tout cela est et reste inséparable. Que l'enfant doit avoir le monde pour livre. Que c'est le vrai but de l'Ecole : ce lien.

Et quid de l'enseignement polytechnique si souvent proposé par les grands pédagogues européens, Freinet, Decroly, Montessori, Ferrer, Korschack, Robin ?

Sans compter avec ce qui se dit dans la maison mère, l'Education Nationale elle-même, qui ne cesse de prôner "transversalités", polyvalences et autres "itinéraires de découvertes" pour permettre aux professeurs de Collège de mener, pour le bien des élèves, des projets communs à partir de matières dites aussi "irréconciliables" que l'Education Physique et Sportive, l'Histoire, le Français...

Chacun le vit tous les jours : il y a d'évidence des interactions fructueuses à mener des projets où se mèlent forcément activités manuelles et intellectuelles. Plus : il y a, et toutes les recherches en pédagogie le prouvent (Piaget, au-secours, ils reviennent !), une source de savoirs à l'intérieur des activités manuelles, dans leurs pratiques, réutilisable pour les savoirs fondamentaux et vice-versa.
C'est dans cet aller-retour que s'enrichissent les connaissances, l'expérience du monde et de sa réalité. Il y a évidente complémentarité et c'est de celle-ci que naissent les progrès des intelligences.
Il faut retisser ce lien.


Si ce projet est mené à bien il s'agira alors d'un formidable recul, d'une version rétrograde de l'éducation, d'un oubli de toutes les recherches en pédagogie et de tout ce que les éducateurs ont tenté et tentent encore de porter à la réflexion et de mettre en oeuvre. Oubli de l'approche expérimentale, oubli de la richesse qu'il y a à réunir le manuel et l'intellectuel, la réalité et l'abstraction, le réfléchi et le senti, l'art et la raison, la santé intellectuelle et physique. Oubli de ce livre qu'est le monde.
Ce sera un coup dur porté à l'émancipation du plus grand nombre et un enfermement de l'intelligence dans une séparation régressive.


Le concept de "temps" est à la mode, il est de bon ton d'en débattre, à quand un Ministère du Temps ?
Eh bien il y a un temps pour tout, oui tout. Et nous vou lons tout. Il y a un temps pour tout et l'école est sa maison. Il y a un temps pour apprendre et ressentir, l'un et l'autre, l'un pour l'autre, l'un grâce à l'autre. Sans séparation.

Non aux savoirs séparés. Non aux temps séparés.
Pour la réussite de tous les enfants. Pour l'expression de toutes les intelligences.

Non, et non, et non, et non :
L'école n'est pas un saucisson !
Une autre, une autre, une autre éducation !

 SAMEDI MATIN LIEN SOCIAL !

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 Les Samedis matin à Vitruve, il se passe toujours quelque chose ( ou presque ...) :

Tout au long de l'année 2000-2001:

- Préparation de la braderie (tri, affichage, présence sur les marchés du quartier, recherchez de lots
pour la tombola avec des petits groupes d'enfants )
- Défrichage du nouveau jardin écolier
- Réunions tri-partites (parents, enfants, instits) de gestion de la coopérative
- Construction de la cabane pour le jardin avec le père d'Eloïse
- Travail avec le père de Jade qui est doreur
- Interventions cours d'anglais de parents de CM2
-Expo-vente de livres en décembre
- Compte-rendu-exposition des commissions de travail parents enseignants sur l'argent de poche et l'orthographe
- Vente du Magabulle ( le journal des CI ) sur le marché
- Intervention d'un Griot africain amené par le père d'Alassane
- Intervention de Laure (ancienne mère d'élève), diététicienne pour préparer les menus de classe verte avec les CE1
- Conférence d'une ancienne élève sur son voyage au Népal pour présenter la fresque réalisée à l'école dans le cadre du projet "Kids Guernica"
- Des Conseils d'école ouverts et très fréquentés par exemple sur les bandes avec notre IEN
- des rencontres parents-instits-associations culturelles du quartier
-Enfin le samedi 23 Juin, une grande expo-rencontre-visite avec des travaux de tous les
groupes....

et on n'a pas eu de la place pour tout écrire ...

En CP-CE1, le samedi matin au lieu de 4 classes, 12 ateliers

 Samedi matin, j'étais dans le groupe des petites bêtes, on a attrappé des insectes et on les a mis
dans le jardin d'école. On a aussi ramassé des pierres, de la terre et des feuilles.
J'étais avec Géraldine.
Tom
 Atelier couture:
Pour faire un petit sac à chaussures, on a pris 9 carrés de tissu et on les a attachés avec 12
épingles, ensuite, on a cousu là où on avait mis les 12 épingles.
La maman de Marion nous avait bien expliqué, la maman de Juliana avait amené sa machine à
coudre, on appuyait sur le bouton et ça faisait ZZZZZ.
Manon
 Nous étions dans le groupe Photo
Les papas de Juliana et Lucca nous ont appris comment fabriquer un appareil photo avec une boîte
en carton, une feuille de calque et une loupe. On a vu comment on pouvait avoir une image nette en
bougeant l'appareil.
Le papa de Lucca nous a photographiés avec un appareil ancien.
On est allé dans la chambre noir, on a éteint la lumière pour mieux voir,
on a fait apparaître une image sur une feuill e, on voyait flou, on peut aussi l'agrandir. Si on laisse
l'iris ouvert trop longtemps, ça peut cramer la photo.
David,Lucca,Antoine
 J'étais dans le groupe technique mécanique, c'était trop bien.
Christiane nous a expliqué comment on faisait avant pour déplacer les objets et comment on a
inventé la roue, on a dessiné. Après on ,a trié les légo, c'était bien parce qu'on pouvait fabriquer
des roues, des moulins et plein d'autres choses. C'était trop bien.
Robin et Rémi
 Les ateliers étaient très bien et très réussis !
Ils étaient très réussis parce qu'ils étaient bien organisés.
Je suis dans le groupe de l'eau dans le groupe nature. C'était samedi 19 janvier.
Dans le groupe de l'eau, on a d'abord essayé de deviner quels objets flottent ou coulent. Après on
a fait l'expérience. C'était avec Dorothée.
Lou
 J'étais dans le groupe pliage.
J'ai bien aimé faire les poissons et les bateaux, queiques enfants ont fait des salières, c'était un peu
difficile, mais j'ai bien aimé.
A la fin Yamina nous a donné des explications pou r pouvoir en faire chez nous. C'était le samedi
matin.
Lina et Gawa
En CP-CE1, le samedi matin au lieu de 4 classes, 12 ateliers

 J'étais dans le groupe technique-électricité.
J'ai trouvé ce groupe super bien, je vais savoir plein de choses sur l'électricité et en plus on fait plein d'expériences, par exemple, on a fabriqu&eacut e; une espèce d'électricité avec un ballon et des petits bouts de papier.
Moi, j'aidessiné une machine infernale et la semaine prochaine on va commencer à fabriquer une machine infernale, mais vraiment infernale !
J'étais avec Olivier, le papa de Rémi, il nous a aussi expliqué qu'il y avait des petis points
microscopiques.

Naomi
 Les ateliers sont l'occasion pour les enfants de découvrir des activités qu'ils n e pratiquent pas dans le milieu familial. Pour l'atelier couture que nous animons, les enfants vont réaliser une housse à chaussures, c'est une continuité avec le projet des CP, c'est l'occasion de découvrir la machine à coudre, son mécanisme.
Le maintien de l'ouverture de l'école le samedi permet à nous,parents de participer à la vie de
l'école, de rencontrer plus facilement l'équipe et d'autres parents. Nous ne pensons pas que ces ateliers pourraient se dérouler un autre jour, la majorité des parents travaillant le mercredi.

Nathalie Icasati et Isabelle Felix
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à suivre...