Deuxime petit-dŽjeuner 7 mars 2009. Version longue.

Compte-rendu plus dŽtaillŽ.

Les questions que se posent les parents lors des prŽsentations avant la division en 3 groupes :

0.      L'Žvaluation est prŽsentŽe comme une science exacte, imposŽe par une hiŽrarchie, comment faire alors pour que les Žlves deviennent acteurs de leur Žvaluation ?

0.      Comment mettre l'Žvaluation au service de l'enfant ?

0.      Comment s'adapter ˆ l'enfant ?

0.      Pourquoi un parent demande des Žvaluations aux enseignants ? Quelles sont les attentes du parent ?

0.      Pourquoi les Žvaluations sont elles perues progressivement comme des sanctions au fur et ˆ mesure que l'Žlve avance dans sa scolaritŽ, notamment ˆ son entrŽe au collge ?

0.      En quoi les rencontres avec les enseignants (pour la remise des livrets) rŽvlent-elles un dŽficit de communication parent-enseignant ? (pas de nouvelle de l'Žcole, bonne nouvelle !)

0.      En quoi l'Žvaluation est une perte de temps ? (question posŽe par un enseignant)

0.      Une Žvaluation peut-elle permettre ˆ un parent de mieux comprendre et accompagner son enfant dans les apprentissages scolaires ?

0.      Pourquoi une Žvaluation en maternelle ? Ne sert-elle pas ˆ mettre en place une hiŽarchisation des enfants ds le plus jeune ‰ge ?

0.      Pourquoi les Žlves demandent-ils dans les plus grandes classes des Žvaluations, mme dans une Žcole des Beaux-Arts ?

 

========================================================

CR Groupe 1

========================================================

L'expŽrience de l'Žcole Vitruve montre que le bilan de compŽtences peut tre Žtabli avec les Žlves, de manire collŽgiale, et non pas par l'enseignant placŽ dans une position hiŽrarchique. Cette dŽmarche est idŽologique car elle place l'enfant comme responsable et acteur de ses apprentissages, mme le rglement de la cour est amenŽ ˆ tre ŽvaluŽ. Les Žvaluations nationales de CM2 ont ŽtŽ rŽalisŽes. L'inspection est d'ailleurs plus regardante sur les rŽsultats des Žlves de l'Žcole.

Un parent attend des Žvaluations que son enfant puisse se situer dans la classe, elles ne doivent pas tre cependant ˆ une course ˆ l'Žvaluation, qui par ailleurs se reproduit dans le monde du travail aujourd'hui. Un salariŽ peroit son salaire, il a en plus une prime si ses objectifs personnels sont atteints.

Dans une crche amŽricaine, ˆ la fin de chaque journŽe, l'Žducateur remet au parent un papier sur les nouvelles compŽtences acquises par l'enfant (ex : Sait reconna”tre les couleursÉ)

L'Žvaluation ne peut pas tre un problme en soi, c'est plut™t la manire dont elle est communiquŽe au parent. Un parent explique que le directeur d'une Žcole remettait officiellement le carnet aux enfants pendant une cŽrŽmonie dans la classe o il stigmatisait chaque enfant. Les parents sont intervenus, en demandant que soit remis le livret individuellement ˆ l'enfant et aux parents lors d'une matinŽe portes ouvertes.

Un parent explique que l'on ne comprend rien aux items (critres d'Žvaluation).

Le contexte de l'Žvaluation est important.

Une enseignante souligne le fait que l'enjeu de l'Žducation nationale est d'avoir un contenu d'enseignement identique, maintenant les pratiques pŽdagogiques sont diffŽrentes. Les Žvaluations ne sont pas toujours obligatoires dans toutes les classes et dans toutes les acadŽmies. A Paris, les Žvaluations de GS sont demandŽes depuis cette annŽe.

Des parents regrettent que l'on attribue une Žtiquette ˆ leur enfant ds le premier trimestre de la petite section. Comment faire des Žvaluations avec des enfants qui sont diffŽrents ?

Une Žvaluation peut participer ˆ l'Žpanouissement de l'enfant quand l'objectif est de permettre une amŽlioration des compŽtences, l'idŽe que le groupe puisse aider un enfant qui a plus de difficultŽ (exemple : Comment tu fais toi pour lacer tes chaussures ?)

L'Žvaluation doit permettre une Žvaluation positive. Elle attribue une place ˆ chacun, mais cette place ne doit pas stigmatiser. Une Žvaluation peut tre source de motivation pour mieux faire, les bons Žlves qui ont des facilitŽs se doivent Žgalement de continuer ˆ progresser et ne pas rester sur des acquis.

Comment un parent peut-tre amenŽ ˆ prendre du recul sur une Žvaluation de son enfant ? Quel est le r™le de l'enseignant lors d'une Žvaluation ?

Une remise de livret peut-il devenir un instrument pour remettre en question le r™le du parent ?

 

ProblŽmatique: En quoi le livret d'Žvaluation peut amener un enseignant ˆ reporter les lacunes de l'Žlve dans le champ Žducatif du parent ? En quoi le livret d'Žvaluation sert au parent pour remettre en question les choix pŽdagogiques de l'enseignant ?

Quelles sont les consŽquences majeures de ces deux Žcueils ? Comment y mettre fin ?

 

Rapporteur : L'Žvaluation peut tre une fuite de l'Žchange ou au contraire permettre (notamment par l'auto Žvaluation) ˆ l'enfant de devenir acteur de sa vie.

 

========================================================

CR Groupe 2

========================================================

L'Žvaluation est bien souvent vŽcue comme une prothse ˆ un manque de collŽgialitŽ, ˆ une dŽficience de communication, une nŽgation des liens sociaux.

L'Žvaluation induit plus fortement les aspects nŽgatifs que positifs dans son interprŽtation, et peut devenir outil de sanctions ou de rŽcompenses

L'Žvaluation n'est pas vŽcue comme un outil  d'accompagnement au service de la communautŽ Žducative (parents, enfants, classe, instit) pour permettre ˆ chacun d'Žvoluer de progresser. L'absence de communication entre instit et parents semble forte dans de nombreuses Žcoles et appara”t donc comme un ŽlŽment dŽterminant dans l'incomprŽhension des Žvaluations,  rendant cet outil menaant et angoissant pour les parents (en ligne avec notre sociŽtŽ, peur et individualisation extrme).

Force est de constater l'absence de cohŽrence dans une mme Žcole d'un systme d'Žvaluation cohŽrent entre les diffŽrentes classes, laissant ˆ chaque instit le droit d'une organisation propre pouvant amener ˆ certains errements, constitutions de groupes, tris. Ce tri que souhaitent Darcos en mettant des Žvaluations nationales, formalistes suivant l'enfant toute sa vie. Oui ˆ des Žvaluations cohŽrentes dans une mme Žcole, non ˆ une Žvaluation nationale dŽviante.

Les notes n'ont aucun intŽrt selon l'opinion des parents, et sont plut™t dŽvastatrices que constructrices, les apprŽciations ne sont intŽressantes que si il y commentaires orales, la notion de progression est un ŽlŽment intŽressant dans le suivi de l'enfant. Le livret  (n'existe pas toujours)  a un effet dŽvastateur si celui-ci n'est pas partagŽ et commentŽ entre enseignants et parents.

Selon  l'expŽrience d'un  parent de l'Žcole Vitruve, le systme de l'auto-Žvaluation trimestrielle sans note pratiquŽ ˆ Vitruve et discutŽ entre l'instit et l'enfant permet ˆ chacun comme ˆ l'enfant de situer dans son apprentissage. Un systme d'auto-Žvaluation donnant lieu ˆ une Žvaluation sur papier transmise aux parents par l'enfant o  Parents et instit peuvent se rencontre pour en discuter. La particularitŽ de l'Žvaluation est de jouer sur deux tableaux, le savoir tre individuel et collectif et le savoir faire, mes acquis, l'un n'allant pas sans l'autre.

En conclusion (regard du rŽdacteur) : L'Žvaluation oui, Ne doit pas tre un outil de tri, Outil de progrs et d'accompagnement, PartagŽ entre les diffŽrents partis (enfants, parents, instits, classe), CohŽrente dans une mme Žcole, Pas nŽcessaire au niveau national, Ne doit pas trop prendre sur le temps dŽdiŽ aux enfants, Sans note, Importance du qualitatif versus quantitatif.

========================================================

CR Groupe 3

========================================================

Le groupe convient d'Žcouter une prŽsentation de l'Žvaluation ˆ l'Žcole Vitruve.

Une enseignante puis une parente prŽsente l'Žvaluation, dans la pŽdagogie de projet pratiquŽe ˆ l'Žcole Vitruve.

Dans le cadre de la pŽdagogie de projet, les enfants sont consultŽs collectivement pour faire un bilan dŽtaillŽ de ce qu'ils ont appris au cours d'une pŽriode. Ils vont apprendre ˆ repŽrer ce qu'ils ont appris. Une liste d'items est Žtablie ainsi avec les enseignants concernŽs. Chaque enfant se positionnera pour chaque apprentissage listŽ et pourra comparer avec l'Žvaluation que l'enseignant lui donnera sur chaque point.

Il ne s'agit pas de notes ni chiffres, ni lettres, ni bonhommes souriant ou f‰chŽ, mais de savoir si l'enfant sait, est en cours d'acquisition, ou bien ne sait pas.

Du c™tŽ du ou des parents, ils peuvent trouver dans les documents de travail de l'enfant, donc quand ils sont disposŽs pour les consulter, une feuille de bilan ou d'Žvaluation. Celle-ci se prŽsente donc comme une liste d'items avec 3 colonnes pour l'enfant et trois colonnes pour l'enseignant. (acquis, en cours d'acquisition et non acquis). Les items concernent les contenus d'apprentissage de types mathŽmatiques ou langue et aussi sur les questions du savoir vivre ensemble, savoir s'organiser, s'occuper de son matŽriel, etc.

Le parent est amenŽ par la vue en parallle des apprŽciations de l'enfant et de l'enseignant, ˆ pouvoir rŽpondre ˆ la question de savoir si son enfant se surŽvalue, croit savoir ˆ tort, ou bien ˆ tendance ˆ se sous Žvaluer, se sous estimer et ˆ ne pas voir qu'il a passŽ une Žtape et peut passer ˆ une autre.

Le dialogue est donc ouvert sur les questions d'apprentissage, entre l'enfant et le parent. Certains items se retrouvent dans la vie familiale, la prŽcision des descriptifs par items permet de crŽer un lien avec ce qui s'apprend  aussi ˆ la maison.

- Une parent d'une autre Žcole tŽmoigne de sa difficultŽ ˆ dialoguer sur ces questions avec le groupe Žducatif.  Une autre prŽcise que lors de la rŽunion de rencontre parents enseignants, ils avaient demandŽ une prŽsentation du projet d'Žcole et qu'ils n'ont pas obtenu de rŽponse.

- La conversation rŽvle des distinctions importantes pour savoir de quoi  il est parlŽ ˆ propos d'Žvaluation.

Dans les classes classiques, l'Žvaluation se prŽsente sous forme d'un contr™le par Žpreuves prŽvues ou non prŽvues qu'on appelle les contr™les le plus souvent. L'apprŽciation est alors une note de ZŽro ˆ Vingt.

Mais le contr™le peut aussi tre continu.

Dans la pŽdagogie de projet, c'est donc le projet qui donne l'occasion de faire telle ou telle choses. Au bilan, l'enfant se souvient de ce qu'il a fait ou non. Il va estimer son positionnement en fonction de ce qui a ŽtŽ fait durant toute une pŽriode.

Sur le point des notes, l'enseignante IUFM, nous fait part d'une expŽrience qui a ŽtŽ faite dans des classes. Il est demandŽ aux enfants de dŽclarer ce qu'il pense avoir comme note, avant l'Žpreuve, en l'occurrence une dictŽe. Il se trouve de faon dŽmonstrative, que les enfants ont prŽvu presque exactement le nombre de fautes qu'ils allaient faire dans la dictŽe. Ils n'apprennent donc rien sur leur niveau par cet exercice. Il serait donc plus souhaitable que ce temps soit consacrŽ pour une occasion  de progresser. 

Sur cet exemple de dictŽe, Aude nous prŽcise qu'un enfant qui a zŽro, se croit incapable en orthographe, alors qu'il a Žcrit  80 mots sur 100 correctement. S'il Žcrit  50 mots puis 60 mots correctement il aura toujours zŽro. Les progrs ne sont pas visibles dans la note qui note les fautes.

C'est en partant de ce qu'il sait faire, que son Žvaluation pourra lui permettre de voir les rŽsultats de son travail.

- C'est ainsi qu'une autre notion nous est montrŽe comme importante.

Dans les items, il est possible de valoriser l'investissement dans le travail. Si l'enfant s'investit dans le travail, on peut penser qu'il est intŽressŽ, motivŽ, sinon, on peut y rŽflŽchir avec lui. S'il est investit et n'obtient pas de rŽsultat, il a peut-tre besoin d'aide en mŽthodologie.

Cette valorisation de l'investissement est aussi soulignŽe comme importante, dans l'Žvaluation des enfants qui ont des facilitŽs. Un enfant en trop grande facilitŽ, n'a pas besoin d'investir du temps dans le travail et se retrouve soit en dŽsintŽrt, et donc assez souvent au bout de quelque temps, en Žchec scolaire. Soit lorsqu'il arrive ˆ la limite de ses facilitŽs, il se retrouve incapable de produire un travail pour progresser parce qu'il ne sait pas investir le travail d'apprentissage de son intŽrt, attention, curiositŽ etc. Evaluer cet aspect pourra permettre de montrer qu'il a besoin d'aide de ce point de vue afin de ne pas l‰cher le processus d'apprentissage.

- Une parente nous fait part de la possibilitŽ  de dialogue qu'elle a obtenu avec l'enseignant de son enfant aprs un contr™le. L'enfant a pu entendre ce que pensait l'enseignant de son travail. C'Žtait sous forme de paroles. La question lui est posŽe de savoir si l'enfant ne s'Žtait pas senti alors sous le jugement de son enseignant.

Jacques nous apporte alors la distinction qu'il utilisait en alphabŽtisation.  Il est porteur de fruit, en matire d'apprentissage de diffŽrencier, le positionnement et l'Žvaluation. Le positionnement serait l'occasion de se positionner dans ses progrs, son travail, son savoir, ses savoirs ; l'Žvaluation serait plus en rŽfŽrence ˆ un savoir ˆ acquŽrir. (CF Jacques - une distinction entre, positionnement : situer un Žlve dans son parcours pŽdagogique, dans le but par exemple de lui fixer des objectifs individuels, et, Žvaluation : situer l'Žlve par rapport ˆ des compŽtences finales, relatives ˆ un programme national)

Les Žvaluations sont vues (par la directrice) comme de toutes faons existantes mme si il n'y a pas de notes. L'enseignant se repre dans son travail relativement a un programme.

(Ainsi la question est posŽe sur le travail par projet. Comment les acquis vont-ils pouvoir tre aussi ceux des programmes. Une rŽponse est donnŽe depuis l'expŽrience des classes de CI de Vitruve. Si la rŽalisation d'un film permet de faire des prouesses en calcul (le nombre de photos qu'il faut pour une sŽquence, un gesteÉ), les apprentissages qui ne sont pas dŽveloppŽs suffisamment donnent lieu ˆ des sŽances dans la semaine, spŽcifiques et compensatrices. )

- Ce qui appara”t le plus important est donc la positivation È du moment de positionnement quant ˆ l'apprentissage, ou autrement dit, d'une auto-Žvaluation en dialogue ouvert sur les progrs, (faits et ˆ faire).

La positivation de cette Žtape de l'apprentissage qu'et le positionnement doublŽ de l'Žvaluation, cela veut aussi dire la possibilitŽ de valoriser l'apprentissage par l'erreur.  Les Žchecs et les erreurs deviennent l'occasion de voir, le travail ˆ faire, ce qui est ˆ apprendre, et, donc de se donner ˆ soi-mme le programme de ses efforts, de son investissement dans le travail, et de plus de se situer gr‰ce ˆ cela dans le temps. L'Žchec n'est pas une dŽgringolade mais au contraire l'occasion de tirer leon de l'expŽrience.

 

- A ce stade de la discussion Il est remarquŽ que si le besoin d'un positionnement para”t clair pour se sentir bien dans son parcours d'apprentissage, le besoin de l'Žvaluation ( ???) comme regard subjectif et relatif ˆ un rŽfŽrent extŽrieur, para”t moins clair.

 

Une parente de l'Žcole Vitruve nous fait part alors de son expŽrience des projets, cette fois quant ˆ leurs aboutissements concrets. Par exemple pour la braderie. L'affiche rŽalisŽe sera plus ou moins visible et sera donc affichable ou non. L'objet crŽŽ, pour tre vendu, sera le premier choisi par l'acheteur ou le dernier, et peut-tre mme qu'il ne sera pas achetŽ. Pour le parent, qui sera, ˆ la fois, dŽpensier pour boire un coup et financer les projets des classes vertes, et encore vaillant pour remuer les tables ? !!!! Chacun peut s'auto-Žvaluer par une remise ˆ niveau dans l'aboutissement du projet. Il ne s'agit pas d'un jugement qui vient d'un regard de l'autre (mme bienveillant) mais d'une situation en acte et rŽelle dans la communautŽ crŽŽe par le projet.

Ainsi se rŽvle le besoin cachŽ d'une Žvaluation comme remise ˆ niveau de chacun parmi une communautŽ/collectif.

Nous pouvons dŽsormais voir l'Žvaluation comme relevant d'un besoin rŽel celui d'une intŽgration sociale, dans le prŽsent de l'apprentissage scolaire, mais aussi bien sžr pour l'enfant ˆ la sortie de l'institution de l'Žducation nationale.

Dans l'Žvaluation, personne n'est exclue, chacun trouve une place.

Dans l'Žvaluation chiffrŽe, il y a un jugement de valeur et toutes les places ne se valent pas. Il est de plus, difficile de changer de niveau, de toute faon il faudra toujours des derniers.

Alors que par le projet, l'Žvaluation se fait par la personne elle-mme au miroir des positionnements des autres. Elle le fait si elle en a besoin, Sa place est alors Žvolutive, si la place octroyŽe par ses dŽbuts ne lui convient pas, les projets suivants lui permettront de montrer de quoi elle est capable et par quoi elle souhaitent entrer en relation avec les autres. Chaque place dŽveloppe sa propre valeur, chaque idŽe nouvelle apporte de la richesse ˆ l'ensemble. La comparaison hiŽrarchisante des individus laisse la place ˆ la complŽmentaritŽ extensive des actions des personnes ou des petits groupes de personnes.

Ce qui permet en outre , ce qui n'est pas peu, de trouver, ˆ la place de la souffrance (valorisŽe dans un travail qui doit supporter le jugement couperet d'une personne supŽrieure), le plaisir d'apprendre et de partager les bŽnŽfices de la complŽmentaritŽ des efforts.

Ce sont les aspects subjectifs de la question (qui ne sont pas exemptes d'intŽrts non subjectifs d'ailleurs, ce serait une autre discussion, par exemple comment par le plaisir faire gagner plus É. ?!!!)

La question (prŽcision apportŽe par la directrice par son expŽrience propre) de l'Žvaluation est aussi celle des systmes Žducatifs eux-mmes. Cela (prŽcision apportŽe par la rŽdactrice-parente) est aussi ˆ entendre comme le point de vue du politique qui se doit, devant les finances publiques de rendre des comptes de leurs utilisations.

 

De ce point de vue lˆ, Aude enseignante en IUFM, remarque combien en fait, les enseignants sont enclins ˆ rŽpŽter la faon dont ils ont ŽtŽ ŽduquŽs et ŽvaluŽs.

Ce qui soulve le poids du changement de la personne derrire l'Žducateur, et celui d'une sociŽtŽ qui ne serait pas capable de changer de systme d'Žducation.

(oulala, c'est lourd, il y a des mŽlanges que la rŽpublique a du mal a faire, pourtant il n'y a qu'ˆ soupeser le nombre d'enseignants pris en charge par des h™pitaux spŽcifiques, pour dŽpression ou autre, pour ne plus avoir envie de se cacher la face).

- Ainsi rŽflŽchir sur l'Žvaluation des enfants ˆ l'Žcole, c'est aussi de fait, rŽflŽchir sur les moyens que peut se donner une sociŽtŽ pour changer le mode d'Žducation de ses enfantsÉ

Si les notes ne sont pas obligatoires, (information donnŽe par le corps enseignant) si les enseignants ne sont pas tenus par l'institution de noter les enfants. Qu'est-ce qui pourrait motiver au changement de mode d'Žvaluation ?

C'est lˆ que pointe une idŽe suffisamment rŽvolutionnaire pour faire peur, mais suffisamment humoristique pour faire rŽflŽchir.

Si les enseignants Žvaluent plus ou moins bien les enfants, ne serait-il pas possible qu'ils soient ŽvaluŽs sur ce point notamment. Alors par qui ? Actuellement les profs sont notŽs par leurs inspecteurs, ce qui n'est pas sans donner lieu ˆ de la rŽsistance.

Si la porte est ouverte aux parents dans l'Žcole, pour prendre leur responsabilitŽ quant ˆ l'Žducation donnŽe aux adultes de l'avenir, si l'Žvaluation n'est pas conue comme un jugement quantifiŽe et hiŽrarchisŽe, mais une auto-Žvaluation permettant de prendre plaisir ˆ apprendre, ˆ faire mieux et ˆ s'intŽgrer dans une collectivitŽ, alors on voit mal ce qui pourrait priver le corps enseignant de ce dialogue avec les parents.

ComplŽment au groupe 3 :

* Les parents ont envie et besoin de savoir ce qui ce passe ˆ l'Žcole et si a se passe bien. La discussion avec l'enfant n'est pas toujours Žclairante, la discussion avec les enseignants pas toujours facile et parfois mme refusŽe. L'Žvaluation appara”t alors comme un moyen d'avoir une idŽe de la situation de l'Žlve. 
 
* Beaucoup de questions ˆ la directrice : comment Žvaluez-vous ? pour qui ? Qu'est-ce que vous demande l'institution ? 
 
* Quoi qu'on pense des Žvaluations, tout le monde est d'accord pour dire qu'elles ne peuvent avoir de sens pour les familles que lors d'un Žchange avec l'enseignant. Dans certaines Žcoles cette demande des parents est refusŽe sous le prŽtexte du temps que a demanderait !!!! 
 
* Aprs prŽsentation du systme de double Žvaluation de Vitruve, on y a vu l'avantage principal d'tre un moyen d'Žchange avec l'Žlve. C'est un support concret qui permet de commenter item par item le regard de l'instit et celui de l'Žlve. 
 
* Dans ce systme l'absence de notes permet ˆ l'Žlve de se situer par rapport ˆ ces compŽtences et ˆ son parcours mais pas de se comparer aux autres. 
La directrice confirme l'obligation de faire des Žvaluations mais pas celle de donner des notes. 
 
* On a Žtablit une distinction entre positionnement (situer un Žlve dans son parcours pŽdagogique, dans le but par exemple de lui fixer des objectifs individuels) et Žvaluation (situer l'Žlve par rapport ˆ des compŽtences finales, relatives ˆ un programme national)  
 
* On a aussi Žtabli une distinction entre contr™le continu (compŽtences mesurŽes dans la durŽe et lors d'activitŽs non formelles) et l'Žpreuve (travail Žcrit ˆ un moment donnŽ).  
 
* Il est plus facile de donner une note que de mettre un commentaire utile ˆ l'Žlve. La note ne sert qu'ˆ se comparer aux autres, elle ne rend pas compte de l'investissement ni du trajet parcouru et encore moins du plaisir ˆ apprendre. 
 
* Une Žvaluation nŽcessite d'Žtablir des critres prŽcis. Il est plus facile d'Žtablir des critres quantitatifs facilement vŽrifiables : connaissance des tables de multiplications, ma”trise d'une conjugaison que de mesurer des savoirs-vivre : r™le dans le groupe, rapport ˆ la citoyennetŽ.